lundi, 20 mars 2006
Ainsi va la vie
Intimité mise à nue,
Liberté perdue,
Bloguette a été démasquée ...
Son excessive pudeur l'oblige à vous quitter.
10:23 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (29) | Envoyer cette note
jeudi, 16 mars 2006
Echec et mat
J'aurai finalement tenu un peu plus de deux ans. Bêtement Naïvement, je me croyais guérie sauvée ! Tout aussi naïvement, j'ai essayé de croire que le bonheur que Louison m'apporte au quotidien éloignerait la douleur. Mais ça ne fait que se cumuler : une petite pincée de bonheur, un petit pincement au coeur, un pas en avant, un pas en arrière, ainsi vogue ma galère. Je sentais bien souvent parfois la faille craqueler, j'avais peur qu'elle se rouvre ; ces derniers mois, je l'ai colmatée du mieux que j'ai pu mais j'ai perdu la partie. A force de glisser tout doucement, j'ai fini par déraper. A nouveau. Heureusement si je puis dire, la chimie que je détestais tant au lycée n'est pas rancunière et tente de me rattraper au vol. Parviendra-t-elle cette fois encore à recoller mes morceaux ? Je sais que Pacsette n'approuve pas cette rechute car je sais que je ça lui faist peur. Je sais également qu'elle ne me la reprochera pas. J'ai conscience que la lutte est inégale, que les dés sont pipés, que la bataille est parfois trop rude mais je suis en colère contre moi-même et j'ai honte de tant de faiblesse. En même temps, je ne peux m'empêcher d'éprouver un certain fatalisme : c'est ma vie, je suis ainsi, il est sans doute vain d'espérer de croire possible vouloir m'en sortir un jour changer.
23:40 Publié dans colères ! | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
mercredi, 15 mars 2006
Ces petits riens qui changent tout
Malheureux au jeu, heureux en amour dit le dicton. Dans la nouvelle vie de Bloguette, ce serait plutôt malheureuse au travail, heureuse à la maison. Dans son commentaire à ma dernière note, Perle a raison de souligner cette dualité de ma nouvelle vie. Bien que rentrant du boulot le dos cassé d'avoir été tant contractée pendant des heures, la mâchoire encore serrée et les cordes vocales douloureuses, je me détends doucement et ma fille a des arguments naturels pour m'y aider :
Ah, ces petits riens qui changent tout ! Louison qui mâche consciencieusement sa compote de bananes puis qui ferme les yeux de bonheur en têtant lentement son biberon dans les bras de sa maman retrouvée ... Sur la photo, Louison qui me regarde avec un air étonné pendant que je lui "joue" la Marche Turque de Mozart en claquant ma langue sur mon palais (oui, je suis une maman plein de ressources !!) ... Merci Perle de me rappeler que le bonheur est là, si près.17:25 Publié dans Bibou | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note
Lutte
Cinquième jour de travail ... C'est bien la première fois, depuis que j'enseigne, que je compte les jours ! Cinquième jour de travail seulement et je suis déjà lasse de lutter.
Durant ces cinq journées, je n'ai pas encore reculé, je n'ai cédé sur rien, je n'ai pas revu à la baisse mes objectifs mais j'ai adapté du mieux que j'ai pu leurs contenus pour être plus proches d'eux, toujours plus proche, pour suivre leur mouvement, pour être à l'écoute. Je passe mes heures dans l'arène, au milieu d'eux, j'essaye de tout voir, de suivre leurs stylos, de pointer une erreur, d'esquisser un geste en direction d'une piste pour que tel élève la saisisse au vol, je fixe les visages pour lire dans les consciences et repérer celui qui est en train de se perdre sans rien oser dire. De temps à autre, je laisse un peu rêver celui dont le regard s'échappe vers l'extérieur. Je laisse chuchoter les voisines qui ne peuvent rester silencieuses. Je ris avec certains. Je stimule les uns et je réfrène les autres.
Mais j'ai surtout passé cinq journées à calmer, à faire tenir assis, à faire taire, à faire ouvrir le cahier, à faire prendre un stylo, à intercepter tout ce qui vole et ne devrait pas, à redonner un polycopié trop vite déchiré, à vérifier les cahiers / les carnets / les devoirs /les agendas / les fiches de suivi / les punitions / les signatures des parents, à remplir les rapports, à répéter, à répéter, à répéter, à répéter.
Ne pas céder sans rester sourde, un vrai travail d'équilibriste. Combien de temps vais-je tenir ainsi avant de tomber de mon fil ?
14:25 Publié dans boulot | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
mardi, 14 mars 2006
Comité d'accueil
Quatrième jour de travail aujourd'hui et j'ai l'impression d'avoir cent ans ! Cet après-midi, un joli "PD" écrit à la purée m'attendait sur la porte de ma salle. Bizarrement, plutôt que de me demander s'il m'était vraiment destiné, je me suis simplement demandée comment "ils" avaient transporté de la purée depuis la cantine ...
19:51 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
samedi, 11 mars 2006
Ruminations nocturnes
Les mots craquent, la plume grince, le coeur se crispe, les yeux piquent. L'âme a mal et s'agite. Le regard se perd, le sourire se fige, l'espoir se terre. La petite voix chuchote : il est temps il est temps il est temps ! Les tripes se nouent, les muscles se contractent. Le souffle se fait court, l'attente se prolonge. Les questions fusent. Un feu d'artifice éclate dans la tête et les idées, colorées, retombent puis s'évaporent. La mémoire tourne, l'histoire se répète, la chanson déraille, les mots se confondent, le souffle s'épuise, la pensée s'enlise : il est temps il est temps il est temps ! La plume se casse, les doigts pianotent. Le coeur pince, les yeux coulent. La petite voix se tait. Les muscles brûlent, les tripes se tordent, la tête est lourde, l'âme se noie. Les idées s'envolent : le temps s'arrête. Il est tard il est bien tard il est trop tard.
01:15 Publié dans Intimité | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
jeudi, 09 mars 2006
Joyeux anniversaire, Médhi !
Médhi est un jeune garçon qui cause bien du souci. A la rentrée, en septembre, il était l'un de mes élèves de cinquième 2. Il avait 14 ans et était du genre trèèèès causant, trèèès remuant. Dès la première séance, je me suis sentie démunie face à lui. Lasse, déjà, de tenter de le faire taire, je l'avais séparé de son voisin ; lasse, déjà, de tenter de le faire cesser d'asticoter sa voisine de derrière, je l'avais placé seul devant face au mur ; lasse, déjà, de l'entendre farfouiller dans sa trousse pour lancer ses stylos à travers la salle, je lui avais confisqué ladite trousse, lui laissant seulement un crayon de papier ; lasse, déjà, de le voir faire des boulettes avec ses feuilles, je lui avais confisqué son paquet, lui laissant une seule copie ; lasse, déjà, de le voir tourner les pages de son agenda, j'avais mis l'objet du délit sur mon bureau. Croyant enfin obtenir un peu de calme, j'avais oublié Médhi ... 30 secondes, et lorsque je l'ai regardé il creusait un trou dans le mur avec son crayon de papier. Je dois reconnaître que cela m'avait autant agacée que fait sourire.
Bien sûr, Médhi n'a pas profité de mon absence pour se calmer. Au cours des derniers mois, lui qui a déjà été renvoyé de plusieurs établissements du secteur, a été plusieurs fois exclu quelques jours. Depuis décembre, chacun de ses professeurs remplissait une fiche de suivi le concernant, notant chaque petit événement survenu à chaque séance. Depuis décembre, Médhi était systématiquement collé tous les lundis et tous les jeudis après-midi, soit à chaque fois qu'il n'avait pas cours, et cette sanction était prévue jusqu'en juin. Sa maman s'est plusieurs fois entretenue avec divers professeurs ainsi qu'avec la CPE et il paraît qu'elle a déclaré que oui, ce serait bien que Médhi soit suivi par un éducateur. Il n'y a pas eu de suite.
Mardi, Médhi a eu 15 ans. En l'honneur de son anniversaire, le collège a organisé ce soir un conseil de vie scolaire. Moi qui découvre la vie d'un collège sans encore y comprendre grand chose, j'ai appris que parce qu'il a 15 ans on pouvait purement et simplement se débarrasser de lui. Ce n'est évidemment pas ainsi que l'on s'exprime : non, pour le bien de Médhi, on l'a exclu jusqu'à mardi, jour où il ne rejoindra pas ses petits camarades de cinquième mais où il découvrira l'univers de la célèbre troisième d'insertion du collège. Ainsi, d'un coup de baguette magique, on rapproche ce jeune garçon de la sortie, sans trop se soucier de ce qu'il deviendra l'année prochaine. Ainsi, ce soir je n'ai plus à me demander comme chaque soir depuis quinze jours comment je vais le canaliser demain vendredi de 16h à 17h. Mais je crois que la cinquième 2 va me sembler bien calme, presque triste.
22:15 Publié dans boulot | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
mercredi, 08 mars 2006
Brève de salle d'attente
Hier, dans une salle d'attente de médecin, une mère tente mollement de maîtriser ses deux enfants d'environ 5 et 2 ans qui courrent, crient, bousculent tout le monde, se roulent par terre. Après avoir hurlé chaque prénom une bonne cinquantaine de fois, après avoir menacé de la venue du méchant docteur qui allait se fâcher, après avoir menacé "la dame elle va pas être contente !", après avoir échangé une conversation des plus édifiantes avec sa fille (La gamine jette les revues par terre. La mère : "ramasse !" - la fille : "ramasse toi-même !" la mère : "tu rigoles ?" - la fille : "et toi, tu rigoles ?"), à court d'argument sans doute et n'imaginant pas une seconde attraper ses gosses, les faire asseoir et leur proposer une occupation plus calme, la mère s'est écriée : "ca suffit, on n'est pas à l'école ici !" ...
10:31 Publié dans colères ! | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note
dimanche, 05 mars 2006
Avant le grand saut
Plus que quatre jours avant mon Grand Retour dans le Monde des Laborieux. Bon, OK, je commence doucement puisque je reprends jeudi et que c'est mon jour de repos mais vendredi va quand même falloir y aller ... Après 6 mois d'arrêt et si on considère qu'avant cet arrêt je n'ai travaillé que dix jours pask'avant c'était les grandes vacances et qu'avant les grandes vacances je n'ai travaillé que 5 jours après mon arrêt d'un mois en mai (vous suivez ? que les mauvaises langues se rassurent : non je n'ai pas été payée à rien foutre pendant tout ce temps : et d'une j'ai contribué au repeuplement de la France et de deux si l'Etat était moins con il aurait accepté de repousser ma mutation d'un an et je n'aurais pas déménagé à 800 bornes de chez moi et donc je n'aurais sans doute pas passé deux mois alitée cet automne, et de trois je n'ai pas touché mon salaire intégralement - ça va comme ça ?), bref si on considère tout ça, il faut admettre que reprendre le rythme avec le sourire risque de ne pas être facile. Alors pour m'empêcher de stresser, nous sommes allées fêter le quatrième moisversaire de Loulou-les-grosses-joues à quelques kilomètres de chez nous !
23:05 Publié dans boulot | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
vendredi, 03 mars 2006
Féministe, moi ? Si peu !
Si c'est être féministe que d'estimer que la femme a droit à autant de considération et donc de respect que l'homme, alors oui, mille fois oui, je suis féministe ! Mais ça ne m'empêchera pas de rester fermement opposée à la parité et à supporter difficilement et longuement une discussion dès qu'elle se déroule exclusivement entre filles. Mais quand même, parfois les bras m'en tombent !
Hier matin, sur un forum, je discutais avec une jeune collègue qui a un petit bout du même âge que ma fille et qui va reprendre le travail lundi. Cette jeune maman expliquait qu'elle était stressée et très fatiguée parce que son fils ne fait pas ses nuits. Après avoir échangé quelques conseils et expériences sur le sujet, elle a ajouté qu'en réalité elle était aussi fatiguée d'avoir à jongler entre les nuits plus qu'écourtées, la préparation de cours, le ménage, les courses, la cuisine, la conduite du petit chez la nourrice et j'en oublie. A ce propos, une autre collègue a réagi en demandant où étaient les papas dans tout cela et la jeune maman a expliqué en substance que le papa n'en faisait pas beaucoup, semblant à la fois le regretter et trouver normal que monsieur ronfle au point de ne pas entendre sa progéniture hurler au milieu de la nuit et que franchement il ne pouvait pas mener le petit chez la nourrice (10 mn de marche) parce qu'il se déplace en vélo !
Ce qui m'a le plus choquée, c'est moins ce récit triste des conditons de vie d'une jeune maman déjà bien stressée avant même d'avoir repris le travail, que le fait que les autres participantes à la discussion semblaient vivre à peu près la même chose et en témoignaient sur un ton mi-amusé mi-résigné ! Alors quoi ? C'est normal de vivre ainsi ??? Certes, tout le monde n'a pas la chance d'avoir une Pacsette à la maison mais quand même !
Millepattes et Diablotin, venez vite me rassurer et me dire que non, vous n'êtes pas des goujats !
14:40 Publié dans colères ! | Lien permanent | Commentaires (20) | Envoyer cette note
















